role uke aikido

Réflexion sur le rôle d'aité / uké

Comment être un bon aité (uké) ? Vaste question qui doit avoir autant de réponses que de pratiquants... Pour faire simple uké / aité est celui qui reçoit la technique et tori celui qui l’exécute.

On passe donc 50% du temps en aïkido en tant qu'aité, mais tout le monde n'aborde pas ce rôle de la même manière... Je vais vous expliquer mon point de vue : la compétition n'existant pas en aïkido, on en retrouve pourtant une forme déguisée qu'est le blocage (systématique). Je suis dans une opposition donc un combat : je suis contre toi ou ce qui revient à savoir qui est le plus fort... Blocages réalisés sous couvert de faire progresser l'autre... Et bien souvent l'étape suivante est : je vais t'expliquer : fais ci, fais ça et tu verras tout marchera... Par ce biais on installe automatiquement une hiérarchie : je me place au dessus de toi, je sais ( je crois savoir) donc je suis le plus fort. Cela peut se comprendre d'un professeur envers ses élèves mais qu’en est -il dans la pratique habituelle ?

On peut ne pas « réussir » sa technique en tant que tori, l'objectif, on est tous d'accord là dessus, est de chercher le moyen pas le résultat final. Je ne parle que de l'aspect physique donc d'immobiliser ou projeter aité. Le travail pour tori consiste donc à trouver les clés qui permettront de le faire... Mais dans certains cas les moyens utilisés de blocage (par aité) ne sont que des subterfuges (absence d'attaque, de saisie, placement du corps évident pour empêcher la situation de se dérouler, etc...)

Il y a bien évidemment l'autre extrême : aité est un pantin avec qui tout est possible... Tout le monde a connu, aussi, cette situation... Aucune des 2 approches n'est à mon sens productive pour tori.

Alors que faire ? Je n'ai pas à ce jour trouvé de réponse bien claire mais ce que j'essaie de faire correspond plutôt à : quelle que soit la situation, je laisse la possibilité à tori d'effectuer sa technique puis j'augmente les contraintes progressivement (si j’ai conscience des manques) de telle sorte que tori ressente de nouveaux questionnements qui lui permettront (ou pas) de trouver de nouvelles recherches, mais tout ça sans véritable blocage en donnant des indications physiques (et des fois en les précisant à l'oral). Je suis au service de Tori donc avec et pas contre dans son étude, en lui proposant ma sincérité dans l'attaque mais adaptée à son niveau... Des gens doivent penser c'est plutôt sympa de travailler avec Pierre ou au contraire c'est nul on peut tout passer, ça marche tout le temps (donc on apprend rien)...

Pourtant au delà de ma propre recherche de sensation en tant qu'aite (quel que soit tori) je me pose toujours la question que puis-je proposer d’intéressant (physiquement) si je crois voir des éléments manquants. J'essaie de toute manière de développer mes capteurs sensoriels pour ressentir les choses. Il m'arrive de parler un peu pour donner quelques conseils quand je travaille avec un débutant mais j'essaie de le faire avec parcimonie...

Pour les autres, j'estime que ce n'est pas utile (un conseil oral a-t-il le même sens pour celui qui le dit et celui qui le reçoit ? Personnellement j’en doute).

Pour conclure je me rappelle d'une anecdote lors d'un stage il y a quelques années d'un expert, Malcom Tiki Shewan, qui fit savoir son mécontentement en disant « il n'y a pas de cours dans le cours ». (Phrase que Tiki avait dite parce que tout le monde parlait et donnait ses explications...)

L'aikido est un travail personnel avant tout et aité est là, à mon avis, pour l'y aider. A chacun sa manière d'être aité tant que cela ne devient pas un faire valoir.

Pierre Castay.

 

AUké, 50% du travail
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Une pratique commune uke / tori
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Uke, suivre rester vigileant
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